DOSSIERS 02/07/2010

BIEN NOURRIR son enfant

C’est pendant l’enfance et l’adolescence que l’on acquiert les bons ou les mauvais réflexes en matière de nutrition, ceux qui détermineront l’équilibre alimentaire de la vie d’adulte. Quels sont les aliments vraiment nécessaires à la croissance ? Comment réagir face à un tout-petit qui refuse les légumes ou devant un adolescent adepte de hamburgers et de sodas ? A chaque étape correspondent des besoins nutritionnels spécifiques qu’il convient de respecter au mieux, en proposant un répertoire alimentaire à la fois varié et adapté aux goûts de l’enfant. Dossier réalisé par Delphine Delarue

Quelques mois avant la naissance de bébé, ses parents s’interrogent déjà sur son alimentation : faudra-t-il le nourrir au sein ou au biberon ? Si dans les années 70 le lait infantile remportait de nombreux suffrages, notamment parce qu’il était censé compléter les éventuelles carences du lait maternel, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Dans les maternités, les femmes sont désormais fortement incitées à allaiter. « L’Organisation mondiale de la santé le recommande de façon exclusive jusqu’à 6 mois, précise le docteur Annie Marcus, pédiatre. Tout d’abord, parce que le lait maternel contient tous les éléments nutritionnels nécessaires à une croissance harmonieuse. Il manque juste de vitamine K, une vitamine qui joue un rôle dans la coagulation sanguine et que l’on prescrit en complément. Ensuite, en raison de sa richesse en anticorps : même si le lait maternel n’empêche pas les nourrissons de tomber malades, il contribuerait à les protéger contre les infections. » D’après certaines études, le lait maternel aurait également un effet préventif sur l’obésité, le diabète de type 1, les allergies et les maladies cardiovasculaires. Allaiter serait par ailleurs bénéfique pour les mamans, puisque cela réduirait les risques de cancer des ovaires et du sein. Et ce n’est pas tout ! Donner le sein permet aussi de transmettre à l’enfant les saveurs de ce que la mère mange : c’est une façon idéale de commencer l’initiation gustative. Cela dit, certaines mères ne peuvent pas allaiter ou hésitent à le faire. Mieux vaut alors opter pour les laits infantiles « ? premier âge ? », qui proposent une gamme très diversifiée avec des laits hypoallergéniques, anti-régurgitations ou facilitant la digestion. Le pédiatre orientera les parents vers le produit le mieux adapté, en indiquant les quantités journalières recommandées.

La diversification alimentaire : à partir de 6 mois

Vers 6 mois, l’enfant peut commencer à manger des aliments solides. C’est l’âge de la diversification alimentaire. On commence en général par un légume (haricots verts, courgettes, épinards ou carottes), avant de proposer un fruit (pomme ou poire), que l’on présente au bébé en purée ou en compote, à la cuiller ou au biberon (lire également l’encadré « Faut-il bannir les petits pots ? »). Quelques jours plus tard, puis au fil des semaines, on pourra introduire d’autres fruits et légumes (bananes, abricots, artichauts), mais progressivement, afin de repérer les éventuelles allergies alimentaires (lire également l’encadré « Allergies alimentaires… »). « ?Procéder légume par légume permet également à l’enfant de découvrir le goût propre à chaque aliment, explique le docteur Sophie Tingry, médecin généraliste. Il s’habitue ainsi très tôt à différentes saveurs, plutôt que d’avoir toujours la même soupe ou la même jardinière de légumes. C’est à ce moment-là que l’habitude de manger varié, et donc équilibré, commence à s’acquérir. » Il est possible d’introduire très rapidement un peu de viande blanche (poulet, dinde) mixée aux légumes. Viennent ensuite le poisson, les céréales et le pain. Le lait constitue toujours la base de l’alimentation du bébé, qu’il s’agisse de lait infantile ou maternel. D’après le Programme national nutrition santé (PNNS), après 1 an, les repas de votre enfant doivent se composer d’un petit déjeuner (250 millilitres de lait « deuxième âge » ou de croissance, une tartine de pain avec du beurre et de la confiture ou des céréales peu sucrées, un fruit ou un demi-verre de jus sans sucre ajouté), d’un déjeuner (des légumes, un produit céréalier, un élément du groupe viande-poisson-œuf, des matières grasses – noisette de beurre ou cuiller à café d’huile –, un fruit ou un yaourt), d’un goûter (250 millilitres de lait « deuxième âge » ou de croissance ou une portion de fromage avec du pain, une compote ou un fruit) et d’un dîner (des fruits et/ou des légumes, un biberon de 250 millilitres de lait « deuxième âge » ou de croissance ou un laitage, un produit céréalier). Faites-lui confiance pour les quantités : un enfant mange en général selon ses besoins et régule naturellement sa prise alimentaire sur la journée. Evitez juste de lui proposer à manger entre les repas.

Pour aller plus loin
A lire

- Petits plats maison pour jeunes enfants par Pascale Lomas et Isabelle Delaleu. Leducs éditions (224 pages, 5,90 euros).
- Comment donner à son enfant le goût d’une alimentation équilibrée de Marie-Claire Thareau-Dupire. Leducs éditions (288 pages, 14,90 euros).
- Le guide de l’alimentation pour les familles, du docteur Paule Nathan. Odile Jacob (552 pages, 29,50 euros).


Liens utiles

- La santé vient en mangeant et en bougeant ?
Programme national nutrition santé (PNSS), téléchargeable sur le site www.mangerbouger.fr.