Système de soins
Les inégalités d’accès aux soins persistent

Selon une étude de la Drees, si l’accès géographique aux soins est dans l’ensemble plutôt satisfaisant, il reste marqué par de fortes disparités régionales.
Avec 95 % de la population située à moins de quinze minutes de route d’un médecin généraliste, d’une infirmière, d’un kiné ou d’un dentiste, le temps d’accès des Français aux soins de proximité est « globalement satisfaisant », estime la direction des études du ministère de la Santé (Drees) dans une étude publiée ce mois-ci. Selon cette enquête réalisée d’après des données de janvier 2007, toujours pour 95 % de la population, les spécialistes libéraux seraient quant à eux accessibles en moins de vingt minutes et les structures hospitalières en moins de quarante-cinq minutes. « Cependant, des inégalités d’accès persistent tant pour les spécialités les plus courantes que pour les plus rares, précisent les auteurs. Les régions rurales, à faible densité de population, cumulent l’éloignement des soins de proximité et de la plupart des soins spécialisés. » C’est notamment le cas de la Corse, avec 11 % de population habitant à plus de quinze minutes d’un généraliste. Avec le Limousin, la Bourgogne et l’Auvergne, cette région fait aussi partie de celles où 20 % des habitants résident à plus de trente minutes en voiture du spécialiste le plus proche. Et, bien que les équipements médicaux comme le scanner et l’IRM soient joignables en moins de vingt minutes par la route pour la plupart des Français, leur accès « reste marqué par des disparités régionales et des délais d’attente qui peuvent être importants », précise l’étude.
Pénurie de maternités dans certaines régions
Concernant l’accès aux maternités, si seulement 2% des femmes âgées de 15 à 49 ans habitent à plus de quarante-cinq minutes de route d’une maternité, le chiffre atteint à 31 % en Corse et reste élevé en Limousin (11 %), en Franche-Comté (8 %) et en Poitou-Charentes (7 %). Les résultats sont encore plus alarmants concernant les maternités de niveau 3, accueillant les grossesses à haut risque : « Si 94 % des Françaises peuvent y accéder en moins d’une heure et demie, ce n’est pas le cas de 83 % des Auvergnates, 81 % des habitantes de Midi-Pyrénées, 73 % des Bourguignonnes, 65 % des Poitevines et [ce n’est le cas] d’aucune femme corse. » Enfin, cette étude nous apprend que la distance à parcourir entre les généralistes, les gynécologues, les pédiatres et les patients s’accentue, alors qu’elle se réduit concernant les pneumologues, les gastro-entérologues, les rhumatologues et les kinésithérapeutes.
Mathilde Leroy
Source
« Distances et temps d’accès aux soins en France métropolitaine », Drees, « Etudes et résultats », n° 764, ministère de la Santé, juin 2011.



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